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Page:Austen - La Nouvelle Emma T4.djvu/143

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la folie de se mettre dans la tête, mais la barbarie de divulguer ; action qui avait sans doute causé à Jeanne de vifs chagrins, par la légèreté et l’insouciance de Frank Churchill. Emma se reprochait d’avoir causé plus de désagrémens à mademoiselle Fairfax, depuis son arrivée à Highbury, qu’aucune autre personne. Elle avait été son ennemie jurée. Jamais elles ne s’étaient trouvées ensemble en compagnie avec Frank Churchill, sans que Jeanne n’eût beaucoup à souffrir. La partie de Box-Hill avait sans doute mis le comble à ses maux, et épuisé sa patience.

La soirée de ce jour-là fut extrêmement triste et mélancolique à Hartfield. Le temps ajouta encore au désagrément qu’on y éprouvait. Une pluie froide et orageuse survint ; les arbres seuls et les plantes annonçaient le mois de juillet, quoique le vent les dépouillât de leurs