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Page:Austen - La Nouvelle Emma T4.djvu/102

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« Moi ! s’écria Henriette, en rougissant, pourquoi m’auriez-vous prévenue ? Pensez-vous que j’aie la moindre affection pour M. Frank Churchill ? »

« Je suis enchantée de vous entendre parler avec tant de résolution, répliqua Emma, en souriant ; mais votre intention n’est sans doute pas de nier que, dans un temps, et ce temps n’est pas bien éloigné, vous n’ayez eu de l’affection pour lui ? »

« Pour lui ! jamais, jamais. Ma chère demoiselle Woodhouse : comment vous êtes-vous si totalement méprise à mon égard ? » (Se tournant avec chagrin.)

« Henriette ! s’écria Emma, après un moment de silence, que voulez-vous dire ? Grand dieu ! à quoi pensez-vous ? Je me suis méprise ! Dois-je donc supposer ? »

Elle n’en put dire davantage.