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Page:Austen - La Nouvelle Emma T1 et 2.djvu/251

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temps de paraître, au moins, oublier qu’on s’était querellé. Son espérance de renouer avec M. Knightley s’augmenta par une circonstance particulière, c’est que lorsqu’il entra dans le salon, elle tenait une de ses nièces ; c’était la plus jeune, une jolie petite fille de huit mois, qui venait à Hartfield pour la première fois, et paraissait très-satisfaite de sauter dans les bras de sa tante. Elle avait très-bien jugé ; car quoique son regard fût sévère et ses questions laconiques, peu à peu il commença à parler des enfans comme à son ordinaire, et il prit la petite nièce des bras d’Emma avec une familiarité amicale. Emma sentit qu’ils étaient de nouveau amis : la conviction qu’elle en eut, lui causa une grande satisfaction, et lui donna un peu d’effronterie ; elle ne put s’empêcher de lui dire, tandis qu’il admirait sa nièce : « Qu’il est consolant que nous ayons les mêmes idées