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Page:Austen - La Nouvelle Emma T1 et 2.djvu/199

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charade que sa passion. Un poëte amoureux veut être encouragé comme amant et comme poëte, ou point du tout. Donnez-moi le recueil, je vais la transcrire ; ainsi l’on n’aura rien à vous dire. »

Henriette se soumit, quoiqu’elle ne comprit pas trop qu’on pût séparer les deux parts ; de sorte qu’elle n’était pas bien sûre que son amie n’était pas occupée à écrire dans son livre une déclaration d’amour. Une pareille offre est trop précieuse pour lui donner le moindre degré de publicité.

« Ce livre, dit-elle, ne sortira jamais de mes mains ».

« Fort bien, répliqua Emma, ce sentiment est très-naturel, et plus il durera, plus je serai satisfaite. Mais voici mon père qui vient. Vous ne trouverez pas mauvais que je lui lise la charade : cela lui fera le plus grand plaisir !