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qui ne l’a jamais abandonnée, et qui soutenait le courage de sa mère et de sa sœur. Elle conserva jusqu’au moment suprême toutes ses facultés, sa mémoire, son imagination, sa sensibilité ; ni l’amour ardent pour son Dieu, dont elle allait s’approcher, ni son attachement pour les amis qu’elle allait quitter, ne s’affaiblirent un seul instant. Elle voulut recevoir le Saint-Sacrement quelques jours avant sa mort, craignant qu’au moment même sa faiblesse n’obscurcît ses idées. Elle écrivit tant qu’elle put tenir une plume, et se servit d’un crayon quand la plume devint trop pénible. Le jour qui précéda sa mort, elle composa quelques stances pleines d’énergie et de sentiment ; c’était un éternel adieu à sa famille et à ses amis. Les dernières paroles qu’elle prononça furent des remercîmens à son médecin ; il lui demanda, quelques momens après, si elle n’avait besoin de rien : « Il ne me manque que la mort, dit-elle en souriant, et la voilà qui s’approche. » En effet, elle expira peu de minutes après, le 18 de