Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/258

Cette page a été validée par deux contributeurs.


elle leur paraissait bien mal. Leur sympathie leur inspira encore un degré de bienveillance l’un pour l’autre, et tous les deux, sans se le dire, se promirent de chercher les occasions de se revoir.

Ils arrivèrent devant l’auberge, où Wentworth les attendait ; un coupé attelé de quatre chevaux était prêt, et stationné pour eux au bas de la descente. La substitution d’une sœur pour l’autre lui causa une pénible surprise : son étonnement, le changement de son visage, devenu plus sombre encore, des phrases commencées et interrompues, des questions à Charles avec l’expression du chagrin, furent une mortifiante réception pour Alice ; elles durent au moins la convaincre qu’elle n’était appréciée que par l’utilité dont elle pouvait être à Louisa. Elle s’efforça d’être calme et d’être juste ; c’était surtout parce que Louisa intéressait Wentworth, parce qu’il serait malheureux s’il la perdait, qu’elle l’aurait soignée avec un zèle au-dessus de ce que fait l’âme la plus bienveillante pour un objet qui n’est pas de premier intérêt : elle espéra que du moins il n’aurait pas l’idée qu’elle se refusait à remplir l’office d’une amie auprès d’une jeune personne à qui il paraissait attaché.