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à faire que de rester là ; M.e Harville était si entendue qu’on pouvait se fier à elle ; mais puisqu’il fallait une femme de la famille, elle prétendait que ce devait être elle. Que ferait-elle à Uppercross sans son mari ? elle s’y ennuierait à la mort. On savait bien qu’elle ne pouvait rester seule sans prendre des maux de nerfs, mais c’était bien égal à tout le monde. Quant aux enfans, il n’y avait qu’à les envoyer à leur grand-mère et à leur tante, qu’ils distrairaient de leur chagrin, etc., etc. En un mot, elle dit tant et tant de mauvaises raisons, que Charles, ne pouvant plus supporter ce déluge de paroles et de plaintes, finit par céder pour avoir la paix, et l’échange des deux sœurs fut décidé.

Alice n’avait jamais été plus contrariée des fantaisies de Maria ; mais son mari ayant prononcé, il fallut bien s’y soumettre ; d’ailleurs on n’avait pas de temps à perdre en discussions, il fallait partir. Charles se chargea de conduire la faible Henriette ; Bentick offrit son bras à Alice ; en cheminant, elle se rappelait combien de sensations variées elle avait éprouvées sur ce même chemin : c’était là qu’elle avait admiré le matin la beauté de la vue, en écoutant les plans d’Henriette, qui voulait