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CHAPITRE XII.


Alice et Henriette se trouvant les premières levées le lendemain matin, allèrent, avant le déjeûner, se promener au bord de la mer ; elles s’assirent sur le sable du rivage, pour épier le moment du flux et du reflux, qu’une légère brise du midi ramenait en roulant doucement les vagues. Le soleil levant dans toute sa splendeur bordait encore l’horizon, et enflammait l’immense plaine liquide. La matinée était délicieuse ; Alice depuis long-temps ne s’était sentie aussi à son aise ; elle le dit à Henriette, qui, sortant tout-à-coup d’une profonde rêverie, lui répondit : « Oui, je suis bien convaincue de l’influence de l’air de la mer sur la santé. Ne pensez-vous pas qu’on rendrait le plus grand service à notre bon docteur Schirley, en l’engageant à venir s’établir à Lyme, et à renoncer entièrement à sa cure d’Uppercross ? En vérité, notre vieux pasteur ne saurait mieux faire pour lui et pour sa femme : elle a des parens ici ; Went-