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de bons historiens, ou les mémoires de quelques grands hommes qui ont eu leur part de souffrance, et les ont supportées avec courage et dignité ; enfin, de tout ce qui pouvait élever et fortifier l’âme abattue de ce jeune homme, en lui donnant les meilleurs préceptes et les plus dignes modèles de résignation morale et religieuse.

Le jeune Bentick l’écoutait attentivement, parut reconnaissant de l’intérêt qu’elle lui témoignait, et quoique son mouvement de tête et un profond soupir lui dissent qu’il ne croyait pas à l’efficacité de la lecture sur un chagrin tel que le sien, il prit note des ouvrages qu’elle lui indiquait, en lui promettant de se les procurer et de les lire.

Quand la soirée fut finie, et chacun retiré chez lui, Alice ne put s’empêcher de sourire à l’idée qu’elle était venue à Lyme pour prêcher la patience et la résignation à un jeune homme qu’elle n’avait jamais vu. « Hélas ! pensa-t-elle, semblable à beaucoup de moralistes et de prédicateurs, j’enseigne ce que je suis incapable de pratiquer, et l’on pourrait m’appliquer ce mot : Médecin, guéris-toi toi-même. »