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téresse, exigeaient cette démarche ; et quand il s’agit de choses d’une telle conséquence, quand on se trouve placé dans des circonstances qui demandent du courage, de la fermeté, de la force d’esprit, on ne doit pas céder aussi facilement à l’opinion d’autrui, à des considérations puériles, et à des influences étrangères. Votre sœur est une aimable et douce créature ; mais je vois avec plaisir que votre caractère est plus ferme et plus décidé ; si vous attachez à son bonheur et à sa conduite le prix qu’elle mérite, tâchez de lui inspirer, autant qu’il vous sera possible, cette noble fermeté : c’est le plus grand des malheurs, qu’un caractère indécis et faible, qui cède à toutes les influences ; on n’est jamais sûr de rien avec de telles personnes ; aucune impression, aucun sentiment ne peuvent être durables : on vous aime aujourd’hui, on vous jure une constance éternelle ; demain quelque ami prétendu vous persuadera que c’est une folie, et vous céderez sans résistance à son opinion. Non, non, il n’y a que la fermeté qui puisse assurer le bonheur. » Et cueillant, sans se déranger, une très-belle noisette à une branche sous laquelle ils étaient placés, il la montra à Louisa, en lui disant : Voyez cette