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tions, il fut arrêté, entre le frère et les deux sœurs, que Charles et Henriette iraient à la ferme pour voir leur tante et leurs cousines, et que les autres les attendraient sur la colline. Henriette hésitait encore ; Maria la persécutait pour qu’elle restât ; Louisa, au contraire, la pressait vivement d’aller chez George ; elle y mit tant de chaleur, et Charles aussi, qu’elle y consentit enfin. Louisa les accompagna jusqu’à la moitié de la colline, parlant toujours bas à Henriette, qui l’écoutait en silence. Alice, le capitaine et Maria restèrent à l’attendre : pendant que Wentworth suivait des yeux les deux sœurs sur le sentier tournant de la colline, Maria lui disait : « N’est-il pas bien désagréable pour moi, capitaine, d’avoir de telles relations ? mais je vous assure que je n’ai pas été là deux fois en ma vie, et que je n’ai nulle envie d’y retourner. »

Elle ne reçut d’autre réponse qu’un sourire et un regard mêlés d’ironie et de mépris, dont Alice connaissait parfaitement la signification. Le sommet de cette colline était une place délicieuse ombragée d’arbrisseaux. Louisa revint ; Maria, qui ne pensait jamais qu’à elle, s’empara d’un siège commode sur un tronc d’arbre, déclara qu’elle était à mer-