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peine à lui dire : « Allez, Walter, ôtez-vous de là, vous me faites mal ; je suis très en colère contre vous : Ôtez-vous donc, Walter, cria de sa place George Hayter ; pourquoi ne faites-vous pas ce qu’on vous ordonne ? Allons, laissez en repos votre tante ; venez vers moi, venez auprès du cousin George.

— Ze ne veux pas aller vers cousin Zorze, dit le petit garçon, je suis bien. » La pauvre tante avait été forcée de se mettre à genoux, et tâchait en vain de séparer ses petites mains jointes qui l’étranglaient, quand tout-à-coup elle s’en trouva débarrassée ; quelqu’un l’avait enlevé de force, et l’enfant était à terre avant qu’elle eût vu le capitaine Wentworth qui était venu la secourir.

Ses sensations en le trouvant près d’elle, l’empêchèrent de le remercier ; elle se pencha sur le petit Charles pour cacher son émotion : la bonté avec laquelle il était venu la dégager du petit importun, le silence qu’il avait gardé dans cette scène, lui donna la conviction qu’il ne voulait pas même entendre ses remerciemens. Wentworth courait avec l’enfant, qui, le petit poing fermé, voulait le battre ; ils faisaient tous les deux un tel bruit, que lors même qu’elle aurait pu articuler quelques