Page:Austen - La Famille Elliot T1.djvu/138

Cette page a été validée par deux contributeurs.


m’enverrez chercher s’il arrivait quelque chose. »

Les maris et les femmes savent très-bien connaître quand l’opposition est inutile. Maria vit que Charles était décidé à sortir ; et, ne voulant pas compromettre son pouvoir, elle se tut ; mais dès qu’il fut sorti, elle s’en dédommagea avec Alice.

« Vous le voyez, dit-elle avec aigreur, il va s’amuser, et nous laisse seules auprès d’un enfant malade, et pas une créature ne viendra nous distraire de toute la journée. « Je vous laisse avec votre sœur, et n’ai aucun scrupule. » Sa conscience est commode. Deux sœurs qui sont tout le jour ensemble ont-elles quelque chose à se dire ? J’étais sûre que cela irait ainsi ; c’est toujours mon lot de rester à la maison quand il y a quelque événement désagréable : les hommes ont alors grand soin de s’éloigner, et Charles plus vite qu’un autre. Quelle insensibilité à un père, de laisser ce pauvre petit garçon ! Il est bien, dit-il ; mais son état ne peut-il pas changer soudainement ? Je n’aurais jamais cru qu’un père pût être aussi indifférent. Il ne lui est d’aucune utilité ! c’est bien moi plutôt qui peux dire cela,