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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/89

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Fernande, allant s’asseoir à son métier.

Il est, je crois, dans le grand salon ; mais je doute que vous puissiez lui parler : il est en affaires.


Maximilien, à part.

Ma foi ! tant pis, je laisserai le mot en blanc. — Singulière fille ! (Il pose son manuscrit sur la cheminée, y prend le peloton de laine et venant à Fernande.) Voici votre peloton bleu, mademoiselle. — Qu’est-ce que je vous ai fait ? pourquoi me traitez-vous si durement ? Tant que j’ai pu vous prendre pour une banalité de salon, je me croyais fort au-dessus de vos mépris et ne m’en souciais guère ; mais celle qui prête ses yeux à la vieille Hardouin ne méprise la pauvreté de personne, et je viens vous demander loyalement en quoi j’ai démérité de votre estime.


Fernande, sans lever les yeux de son ouvrage.

Je suis fâchée, monsieur, que ma manière d’être vous choque ; elle est la même avec vous qu’avec vos prédécesseurs, et cela n’a pas nui à leur carrière.


Maximilien.

Voilà tout ce que vous avez à me répondre ?


Fernande.

Pas autre chose.


Maximilien.

En vérité, mademoiselle, je serais le dernier des hommes, que vous ne me traiteriez pas autrement.


Fernande, se levant.

Adieu, monsieur.


Maximilien, se mettant entre elle et la porte.

Non, mademoiselle, non ! Vous ne me quitterez pas