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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/80

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Scène VII

MADAME MARÉCHAL, MARÉCHAL, LE MARQUIS, LE COMTE.



Madame Maréchal.

Suis-je aussi de trop ?


Le Marquis.

Au contraire ; je compte sur vous pour m’aider à plaider ma cause. Mais, asseyons-nous. (Ils s’asseyent.) Madame, vous n’avez jamais partagé la répugnance de l’ami Maréchal à marier Fernande avec un gentilhomme.


Madame Maréchal.

Je n’ai pas les mêmes motifs que lui de redouter une alliance aristocratique ; pour moi, ce n’est pas sortir de ma sphère, c’est y rentrer.


Maréchal.

Mon Dieu, mon cher ami, cette répugnance dont vous parlez n’était pas une véritable répugnance, c’était plutôt… comment dirais-je ? une modestie peut-être exagérée.


Le Marquis.

Je l’aurais comprise jusqu’à un certain point, il y a huit jours ; mais, aujourd’hui, il n’est pas un gentilhomme qui ne tînt votre alliance à honneur ; et la preuve c’est que je viens vous demander la main de ma pupille pour M. le comte d’Outreville, ici présent, unique héritier de mes biens et de mon nom.