Ouvrir le menu principal

Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/68

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Maximilien.

Tant mieux, monsieur. Je me plaignais de mon inutilité.


Maréchal.

Dorénavant vous ne chômerez plus, soyez tranquille.


Fernande.

Qu’y a-t-il donc ?


Maréchal.

Ce qu’il y a ?… N’as-tu pas remarqué, depuis trois jours, que j’ai l’air sombre et préoccupé ?


Fernande.

Non.


Maréchal.

Cela m’étonne ! Je croyais l’avoir… et on l’aurait à moins. Je viens d’écrire un discours qui sera un coup de canon.


Fernande, se levant et allant à son père.

Un discours ? Tu vas parler ?


Maréchal.

Il le faut.


Fernande.

Ah ! père, la parole est d’argent, mais le silence est d’or.


Maréchal.

Il y a des circonstances, ma fille, il y a des positions où le silence est une défection, pour ne pas dire une complicité… N’est-ce pas, Aglaé ?