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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/51

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Giboyer.

Vous ne connaissez, vous autres, que les professions à fleur d’eau ; mais il se tripote dans les bas-fonds cinquante industries vaseuses que vous ne soupçonnez pas. Si je vous disais que j’ai tenu un bureau de nourrices ! Tout cela n’est pas trop restaurant ; mais j’ai un estomac d’autruche, grâce à Dieu ! j’ai mangé de la vache enragée… dans les bons jours, des cailloux dans les mauvais, et Maximilien est docteur es lettres, docteur ès sciences, docteur en droit ! Il a voyagé comme un fils de famille ! il a de l’honneur… comme si ça ne coûtait rien !


Le Marquis.

Vous portez un certain intérêt à ce garçon.


Giboyer.

C’est mon seul parent ! et puis on est sujet en vieillissant à prendre une marotte ; la mienne est de faire de Maximilien ce que je n’ai pu être moi-même, un homme honorable et honoré. Il me plaît d’être un fumier et de nourrir un lis. Cette tulurtaine vaut bien celle des tabatières.


Le Marquis.

J’en conviens. Mais pourquoi n’avez-vous pas reconnu ce fils que vous adorez ?


Giboyer.

Quel fils ?


Le Marquis, se levant.

Sournois ! Je sais votre histoire aussi bien que vous. Vous avez eu Maximilien, en 1837, d’une plieuse de journaux nommée Adèle Gérard. Suis-je bien informé ?