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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/47

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Le Marquis.

Appelons-le votre nourrisson. — j’ai donc su par votre nourrisson que vous veniez passer huit jours à Paris, et il m’a pris un grand désir de vous voir.


Giboyer.

Vous êtes trop bon, monsieur le marquis. Votre désir est allé au-devant du mien… Croyez bien que je n’aurais pas traversé Paris sans frapper à votre porte… Je ne suis pas un ingrat.


Le Marquis.

Ne parlons pas de cela. — Savez-vous que vous n’êtes pas changé depuis que nous nous sommes perdus de vue ? Comment faites-vous ?


Giboyer.

Il faut croire que mon père, prévoyant les intempéries de mon existence, m’a bâti à chaux et à sable. Mais vous-même, il me semble que vous prenez des années sans avancer en âge.


Le Marquis.

Oh ! moi, mon avancement avait été si rapide, que je ne bouge plus depuis vingt ans. (S’asseyant près de la table.) Mais parlons de vous, mon camarade. Qu’êtes-vous devenu ? Avez-vous enfin une position sérieuse ?


Giboyer, s’asseyant aussi.

Extrêmement sérieuse : employé dans les pompes funèbres de Lyon.


Le Marquis.

Dans les pompes funèbres ?