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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/44

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Du haut de la tribune, dominer l'assemblée du geste et de la voix, envoyer sa pensée aux deux bouts de la terre sur les ailes de la Renommée!... Mais, sapristi! croyez-vous que je saurai parler?

LE MARQUIS. --- J'étais justement en train d'admirer votre éloquence à part moi.

MARÉCHAL. --- Entre quatre-z-yeux, ça va encore... Mais, en public, je n'oserai jamais.

LE MARQUIS. --- Affaire d'habitude ! la meilleure façon d'apprendre à nager, c'est de se jeter à l'eau.

MARÉCHAL. --- C'est qu'il ne s'agit pas de barboter ici.

LE MARQUIS. --- Nous vous attacherons des vessies sous les bras. Votre premier discours étant une sorte de manifeste, nous vous Se donnerons tout fait ; vous n'aurez qu'à le lire.

MARÉCHAL. --- À la bonne heure ! Du moment qu'il ne faut que du courage et de la conviction... On ne saura pas dans le public que le discours n'est pas de moi?

LE MARQUIS. --- A moins d'une indiscrétion de votre part.

MARÉCHAL. --- Vous ne m'en croyez pas capable, j'espère. — Et quand me confiera-t-on le manuscrit. ?