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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/336

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D’Estrigaud.

Je suppose, mesdames, que vous ne vous êtes pas réunies uniquement pour vous complimenter à mes dépens ?


Annette.

Cela seul en vaudrait pourtant bien la peine, cher baron. Mais nous avons un autre but, en effet : mademoiselle consent à me faire répéter le rôle de Médée.


D’Estrigaud.

Alors je ne veux pas troubler la séance.


Annette.

Oh ! une première séance ne sert jamais qu’à rompre la glace entre l’écolière et… la maîtresse.


Navarette.

Vous avez beaucoup de dispositions, madame, et je vous assure que vous jouerez mon rôle à m’en rendre jalouse.


Annette.

Rassurez-vous, je ne suis pas une rivale dangereuse.


D’Estrigaud.

Vous vous faites tort, madame ; à la place de mademoiselle, je tremblerais.


Annette, à part.

Impertinent ! (À Navarette.) Pouvez-vous venir demain ?


Navarette.

Demain… je ne suis pas libre ; après-demain si vous voulez, à la même heure ?