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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/332

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Scène V

ANNETTE, NAVARETTE, en toilette de ville élégante et sévère.



Annette, allant s’asseoir sur le canapé de gauche.

Que vous êtes bonne, mademoiselle, d’avoir bien voulu vous rendre à mon désir !


Navarette.

Il est trop flatteur pour moi, madame la marquise.


Annette, avec un entrain factice.

Asseyez-vous donc. Voulez-vous ôter votre chapeau, voulez-vous une cigarette ?


Navarette.

Merci, madame, je ne fume pas.


Annette, allumant une cigarette.

C’est du tabac turc… vous permettez ? Que vous êtes donc charmante dans ce rôle de Médée !… Quelle désinvolture et en même temps quelle distinction !


Navarette.

Vous y serez beaucoup plus charmante que moi, madame, si tant est que cette épithète puisse m’être appliquée. C’est, je crois, chez la duchesse de Somo-Sierra qu’on joue la pièce ?


Annette.

Oui, dans huit jours, et ce ne sera pas trop mal