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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/312

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Lucien.

Tu étais donc sur la machine ?


André.

Oui, pour faire honneur au maréchal Cardoga, que nous emmenions… et c’est là ma chance ! Le maréchal m’invita à dîner, et je n’eus garde de manquer le coche. Il fut tout de suite très féru de mon idée ; il en parla au conseil des ministres… etc., etc. Tout allait comme sur des roulettes, quand les Anglais sont venus se mettre en travers.


Tenancier.

Je les reconnais.


André.

Ils ont dépêché à Madrid une espèce d’agent à moitié diplomatique, un certain sir James Lindsay. Je ne sais pas comment il a manœuvré, mais les capitaux espagnols sont peureux, et la Compagnie du canal de Gibraltar, qui commençait à s’organiser, s’est tout à coup dérobée sous moi ! Alors, le maréchal m’a conseillé de m’adresser aux capitalistes français ; je suis parti pour Paris ; en passant à Poitiers, j’ai pris ma sœur, que je peux dorénavant garder auprès de moi ; nous sommes arrivés hier au soir, et nous voilà !


Lucien.

Eh bien, mon cher, tu tombes bien. Je suis l’ami intime d’un homme qui va te mettre en rapport avec tous les gros bonnets de la finance.


Tenancier.

Encore d’Estrigaud ?