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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/296

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Lucien.

Aurélie. — À peine nous sortions… de la première représentation des Argonautes


Annette, derrière lui, debout, appuyée sur le dossier du fauteuil.

À propos, la pièce a-t-elle réussi ?


Lucien.

Oh ! succès énorme ! jamais on n’avait tant ri aux Cascades-Dramatiques ! Ça aura deux cents représentations, comme les Œufs de Léda ; pour ma part, je compte y retourner une quinzaine de fois.


Annette.

Et Navarelte ?


Lucien.

Étourdissante ! Il y a une chanson qu’elle enlève avec une verve, tu verras… Ça s’appelle le Fils du gorille… ça fera fureur dans les salons.

Il se lève.

Annette.

Tu perds une lettre.


Lucien, prenant une lettre sur la bergère et la gardant machinalement à la main.

Et quel argot ! sous prétexte que la parole est aux Argonautes !


Annette.

Le calembour est dans la pièce ?


Lucien.

Et bien d’autres ! un feu roulant ! Il y a la scène où Médée endort le dragon, vois-tu, c’est un chef-d’œuvre ! Naturellement elle l’endort avec du Champagne, dans un