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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/293

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Lucien, même jeu.

Il n’importe. L’oreille d’une honnête femme doit ressembler à son corps ; après la pureté, la chasteté. Du moins était-ce ainsi de mon temps.


Annette.

Tu m’ennuies. Tu te fais trop prier.


Lucien.

Aurélie Briat, — vingt-deux ans, — taille d’un mètre cinquante ; signes particuliers…


Annette.

Assez ! assez !


Lucien.

Tu vois ! — Va, ma pauvre amie, tu as beau vouloir mettre ton bonnet sur l’oreille, il te retombera toujours sur les yeux.


Annette.

Signes particuliers ?


Lucien.

Un grain… de jalousie.


Annette.

Elle t’aime donc ?


Lucien.

Ta surprise m’honore ; mettons, si tu veux, que sa jalousie soit une petite flatterie dont elle me régale pardessus le marché ; cela n’a rien qui me choque. — Seulement, hier, elle m’a trop flatté ; j’ai vu le moment où elle me cassait l’encensoir sur le nez…