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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/291

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Lucien.

Comme renfort, parbleu ! L’affaire sera chaude. Quand papa s’habille pour me gronder, il faut m’attendre au plus grand style ; c’est le Buffon de la mercuriale. J’espérais le surprendre en robe de chambre ; mais il a vu le coup.

Il s’assied devant la cheminée sur la bergère où était assis son père.

Annette.

Si j’ai un conseil à te donner, c’est de n’opposer à ses remontrances qu’un silence respectueux.


Lucien.

Sois tranquille, je te passe parole. Tâche de détourner un peu sur toi le cours de son indignation.


Annette, s’accoudant sur le dossier de la bergère.

Je ne suis pas montée pour autre chose.


Lucien.

Baisez ce frère ! (Il lui tend son front qu’elle embrasse.) Tiens ! je ne te connaissais pas ce bracelet.


Annette.

C’est ton ami d’Estrigaud qui me l’a envoyé.


Lucien.

Eh bien, il ne se gêne pas !


Annette.

Ce sont des médailles romaines… objet d’art.


Lucien.

C’est vrai, cela peut s’offrir, et s’accepter. — Brrr ! il faudra que je fasse cadeau à papa d’une voie de bois. Il fait des feux de pauvre.