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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/223

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Lancy.

Alors, permettez-moi une simple question : Savez-vous qu’à peine installé dans son consulat, M. de Mauléon a recherché la fille d’un riche négociant ?


Madame de Verlière.

Je le sais. — Après ?


Lancy.

Puisque vous le savez, je n’ai plus rien à dire.


Madame de Verlière.

Je n’étais pas libre, alors. Fallait-il que M. de Mauléon sacrifiât toute sa vie à un amour sans espoir ? Il n’a pas de fortune ; le mariage fait partie de sa carrière, et je suis bien sûre qu’il n’aurait pas manqué celui dont vous parlez s’il n’y avait pas apporté la nonchalance d’un cœur endolori.


Lancy.

À la bonne heure. Vous avez des indulgences que je ne m’explique guère.


Madame de Verlière.

Et vous, des sévérités que je m’explique trop bien.


Lancy.

Je suis suspect de partialité, je l’avoue. Ah ! je donnerais gros pour être votre frère ou votre oncle pendant cinq minutes.


Madame de Verlière.

Mais vous ne l’êtes pas.


Lancy.

Aussi je me tais. — Adieu, madame ; soyez heureuse.