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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/22

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que vous leur rendez tous les jours, c’est d’avoir des yeux superbes.


La Baronne.

C’est bon pour vous, mécréant, de faire attention à ces choses-là.


Le Marquis.

C’est bon pour moi ; mais c’est encore meilleur pour ces hommes graves, leurs chastes vœux n’allant pas au delà de cette sensualité mystique qui est le dévergondage de la vertu.


La Baronne.

Vous rêvez !


Le Marquis.

Soyez sûre de ce que je dis. C’est par ce motif que toutes les coteries sérieuses ont toujours élu pour quartier général le salon d’une femme, tantôt belle, tantôt spirituelle : vous êtes l’un et l’autre, madame ; jugez de votre empire,


La Baronne.

Vous me cajolez trop ; votre cause doit être détestable.


Le Marquis.

Si elle était excellente, je suffirais à la gagner.


La Baronne.

Voyons, ne me faites pas languir.


Le Marquis.

Voici la chose : nous avons à choisir notre orateur à la Chambre pour la campagne que nous préparons contre l’Université : je voudrais que le choix tombât…