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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/207

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ce qui parut d’heureux augure à toute l’assistance. Et de fait, j’ai gardé de ma naissance un fonds de bonne humeur dont la vie n’a pas encore pu triompher. Il est vrai que j’ai une santé athlétique, mauvaise disposition pour la mélancolie.


Madame de Verlière.

Mais excellente pour l’égoïsme ; prenez garde.


Lancy.

Ne croyez donc pas cela. Il n’y a de vraiment bons que les gens bien portants. Égoïste comme un malade… Vous devez en savoir quelque chose, vous qui avez si bien soigné feu votre mari.


Madame de Verlière.

Hélas ! c’est vrai.


Lancy.

À vingt-quatre ans, donc, maître d’une belle fortune et porteur d’un nom honorable…


Madame de Verlière.

Vous vous empressiez d’écorner l’une…


Lancy.

Et de compromettre l’autre ? Que nenni ! La passion de la chasse m’a préservé des passions ruineuses ; j’ai toujours eu horreur des cartes, et, sans me donner pour un héros aussi chaste, à beaucoup près, que le farouche Hippolyte, je puis me vanter…


Madame de Verlière.

Pas de détails, je vous en conjure.


Lancy.

Le strict nécessaire. — Je puis me vanter d’avoir