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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/182

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Giboyer.

Oui ; j’ai accepté la direction d’un grand journal à Philadelphie, et j’ai besoin du concours de Maximilien.


Maréchal.

Mais, sapristi ! moi aussi, j’en ai besoin ; j’en ai plus besoin que vous ! J’ai une grande position à soutenir, une grande cause à défendre.


Giboyer.

Vous êtes bien de taille à suffire à la tâche.


Maréchal.

Je n’en sais rien ! Ce jeune homme m’est très utile, je ne m’en défends pas.


Giboyer.

Utile, soit ; mais indispensable, non.


Maréchal.

Pardonnez-moi ! Je suis habitué à sa manière de travailler ; il est habitué à la mienne ; il me complète, c’est mon bras droit, c’est lui qui tient ma plume. Je suis content de son style et n’en veux pas changer. — Et puis, je l’aime, ce garçon ! Je veux le former sous mes yeux, à mon école. Où trouvera-t-il un apprentissage pareil à celui qu’il ferait chez moi ?


Giboyer.

La question n’est pas là.


Maréchal.

Où est-elle ? S’agit-il d’appointements ? Vous les fixerez vous-même. Que gagnerait-il en Amérique ? Je lui donne le double.