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Page:Augier - Théatre complet, tome 5, 1890.djvu/128

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Giboyer.

Mes chimères ?… Ne sont-elles plus les tiennes ? Voilà du nouveau ! Qu’est-ce qu’il y a là-dessous ?


Maximilien, avec impatience.

Rien. Que veux-tu qu’il y ait ?


Giboyer, le prenant par le bras.

Regarde-moi donc en face !


Maximilien, se dégageant vivement.

Eh ! laisse-moi !… N’est-on pas maître de croire autre chose que ce que tu enseignes ?

Il remonte la scène.

Giboyer.

Ah !… Et peut-on savoir ce que tu crois ?


Maximilien.

Je crois que la seule base solide dans l’ordre politique comme dans l’ordre moral, c’est la foi, là !


Giboyer.

Tu es légitimiste à présent ?


Maximilien.

On n’est pas légitimiste pour ça.


Giboyer.

Ne jouons pas sur les mots. Je ne connais qu’une façon d’introduire la foi dans le domaine de la politique, c’est de professer que tout pouvoir vient de Dieu, et par conséquent ne doit de comptes qu’à Dieu. C’est une opinion considérable, je ne dis pas le contraire ; mais, quand on la professe, à quelque parti qu’on croie appartenir, on est légitimiste.