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Colette était bien pâle, quand elle vint à la messe : ses joues étaient encore plus minces ; elle se tenait les yeux baissés, et ses paupières étaient toutes violettes.

Je pensai que c’était la fin de son martyre, et une joie profonde me soulevait.

Tout près de moi, une Vierge vêtue d’une grande robe blanche souriait en me regardant, et dans un élan de toute ma foi, ma pensée lui cria :

— Miroir de Justice, guérissez Colette !

Et, les tempes serrées par la volonté de ne pas distraire ma pensée, je répétais :

— Miroir de Justice, guérissez Colette !

Maintenant, Colette s’en allait communier. Sa canne faisait un petit bruit sec sur les dalles.