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L’hiver revint encore une fois.

Sœur Désirée-des-Anges avait vite compris mon goût pour la lecture ; elle m’apportait l’un après l’autre tous les livres de la bibliothèque des sœurs.

C’était, pour la plupart, des livres enfantins, que je lisais en tournant plusieurs pages à la fois. Je préférais les récits de voyages et je lisais la nuit à la lueur de la veilleuse.

Sœur Désirée-des-Anges me grondait, quand elle se réveillait, mais aussitôt qu’elle se rendormait, je reprenais mon livre.

Peu à peu une douce amitié nous avait liées ; le rideau blanc ne séparait plus nos lits pendant la nuit ; la gêne s’en était allée d’entre nous, et toutes nos pensées nous étaient communes.