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Deux jours avant la Noël, maître Sylvain se prépara à tuer le porc. Il aiguisa deux grands couteaux, et après avoir fait une litière de paille fraîche au milieu de la cour, il fit sortir le porc qui se mit à crier comme s’il se doutait de la vérité. Il lui passa des cordes aux quatre pieds ; et pendant qu’il les fixait à de solides piquets, il dit à sa femme :

— Cache les couteaux, Pauline, il ne faut pas qu’il les voie.

Pauline me remit une sorte de poêle très profonde que je devais tenir avec adresse afin de ne pas perdre une seule goutte du sang que j’allais recueillir.

Le fermier s’approcha du porc qui était tombé sur le flanc. Il mit un genou en terre devant lui et après l’avoir tâté près du cou,