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Le premier jour où l’on fit sortir les troupeaux, les sapins étaient encore tout chargés de neige. La colline était toute blanche aussi ; elle paraissait s’être beaucoup rapprochée de la ferme. Tout ce blanc m’éblouissait ; je ne trouvais plus les choses à leur place, et à chaque instant je craignais de ne plus apercevoir la fumée bleue qui montait au-dessus des toits de la ferme.

Les moutons ne trouvaient rien à manger ; ils couraient de tous côtés. Je ne les laissais pas s’écarter ; ils ressemblaient eux-mêmes à de la neige qui aurait bougé, et j’étais obligée de faire bien attention pour ne pas les perdre de vue. Je réussis à les rassembler le long d’un pré qui bordait un grand bois. Tout le bois était occupé à se débarrasser de la neige qui l’alourdissait : les grosses branches la reje-