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LES PRÉROGATIVES DES FEMMES EN L’ANCIENNE FRANCE

qu’elle possédait de se faire représenter aux assemblées politiques.

À la suprématie nobiliaire, succéda alors la suprématie masculine, les ex-détentrices de fiefs, de même que les « vilaines » ; furent exclues de l’affranchissement général, c’est-à-dire que la majorité de la nation fut mise hors la loi et hors l’humanité.

En excluant les femmes des affaires publiques, on causa la faillite de la révolution ; car on fausse son principe égalitaire et on la prive des agents qui pouvaient faire rapidement triompher ses idées.

Les Françaises auxquelles on refusait leur part des conquêtes du mouvement révolutionnaire, avaient en participant à l’effervescence générale contribué à faire s’établir le conflit entre la nation et la royauté. Souvent, elles avaient donné le signal de l’action, en sonnant le tocsin dans les clochers.

En 1788, à la Journée des Tuiles, on avait vu les Dauphinoises mêlées aux Dauphinois, lancer en guise de projectiles des tuiles contre les soldats du roi qui s’opposaient à la convocation des États-Provinciaux.

Ces femmes, avaient les premières compris que Grenoble devait garder le parlement dans ses murs, sous peine de déchoir et de voir se restreindre sa prospérité. Aussi, elles s’en étaient constituées les gardiennes, montant la garde, veillant en armes, autour du château de Vizille où siégeaient les États du Dauphiné qui préparèrent la révolution.

Quand on convint d’obtenir de la cour, le retrait des