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LE VOTE DES FEMMES

Parmi ces précurseurs du féminisme, Poulain de la Barre s’est fait remarquer. En son livre de L’Égalité des Sexes publié en 1673, il réclame avec énergie pour les femmes, l’égalité complète des droits politiques et sociaux avec les hommes.

« Il est, dit-il, aisé de conclure que si les femmes sont capables de posséder souverainement, toute l’autorité publique, elles le sont encore plus de n'en être que les ministres : Que pourrait-on trouver raisonnablement à redire qu’une femme de bon sens et éclairée présidât à la tête d’un parlement et de toute autre compagnie ?… Il faut reconnaître que les femmes sont propres à tout. »

Au XVIIe et au XVIIIe siècle, des femmes furent ambassadrices : Mme Delahaye-Vanteley fut envoyée à Venise, Mme de Guébriant à Varsovie.

En 1789, les femmes du Tiers-État adressèrent une pétition au roi pour demander que les hommes ne puissent exercer les métiers de femmes : tels que couturière, brodeuse, modiste. L’Assemblée Constituante, en avril 1791, par un décret-loi, donna aux femmes le droit d’héritage, en supprimant les droits d'aînesse et de masculinité dans le partage des successions. Mais en abolissant les privilèges féodaux et coutumiers, cette même Assemblée Constituante enleva à une catégorie de femmes, le droit