Ouvrir le menu principal

Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/210

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
202
LE VOTE DES FEMMES

les différents peuples, reste sous toutes les latitudes l’attribut de l’homme orgueilleux.

Les femmes peuvent en mille occasions s’être distinguées, leurs actes seraient-ils sublimes, ils passent inaperçus. De même que sur le champ de bataille toujours l’officier est décoré pour son régiment vainqueur, en la société toujours le mari obtient la récompense honorifique méritée par son épouse.

En toutes les expositions, des époux de commerçantes reçoivent la croix à la place de la corsetière ou de la lingère émérite qui est leur compagne.

En temps de paix, l’intelligence de la femme assure la glorification de l’homme. En temps de guerre, la femme augmente les efforts défensifs, elle souffre, elle lutte, cependant, elle n’est pas décorée.

L’homme et la femme – ont un sort si différent dans la société, parce qu’ils sont régis par des lois différentes.

Les hommes seuls étant législateurs, chacun comprend pourquoi tout est défavorable au sexe féminin et favorable au sexe masculin.

À l’homme qui a la belle destinée, le champ reste ouvert pour l’améliorer encore.

À la femme annulée et bâillonnée au point de vue politique, est dévolu l’irrévocable.

Quand les femmes auront été proclamées les égales des hommes devant le droit, elles seront les égales des hommes devant les distinctions ; et à toutes distribu-