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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/207

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LES FRUSTRÉES DU BULLETIN SONT PRIVÉES DES EMPLOIS, DU REPOS, DES HONNEURS ET DES LEGS.


Parce qu’elles ne votent point, les femmes n’ont pas droit au droit commun. On leur mesure le labeur payé, on les frustre des emplois, du lion travail, du repos hebdomadaire, des honneurs et des héritages.

Les Françaises non électrices sont à ce point des parias, qu’elles ne peuvent jouir des réformes accomplies.

Tout le monde, en France, se repose le dimanche : hormis les femmes.

Parce que le sexe féminin mis au ban de la République ne vote pas, les travailleuses, les artisanes, les petites bourgeoises, les ménagères ne bénéficient point du repos hebdomadaire ; attendu que les hommes trouvent commode de se faire servir par leurs domestiques gratuites, le dimanche comme les autres jours ; et qu’ils abusent plus encore le dimanche qu’en la semaine, de celles qui sont leurs instruments de plaisir.