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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/201

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LA RÉFORME PRIMORDIALE

ment compte que l’exploitation du sexe majorité est due à son exclusion politique, qu’à toutes injustices commises envers les femmes, des hommes maintenant s’écrient : « Si les Françaises votaient, on ne les traiterait pas de la sorte » et les journaux de toutes opinions tiennent a l’occasion, ce même langage féministe.

Cette unanimité à convenir que tant de maux découlent pour les femmes de leur annihilement, forcera bientôt le bon sens français à reconnaître que c’est a toute la nation, que l’exclusion politique des génératrices préjudicie.

L’affiche illustrée, la carte postale, le timbre, représentant un homme et une femme qui se rencontrent devant l’urne électorale, pour sauvegarder leurs intérêts publics, comme ils se rencontrent dans une étude de notaire, pour sauvegarder leurs intérêts privés, obligent à penser, que le droit de voter, est aussi indispensable au sexe féminin qu’au sexe masculin.

Si l’on demandait aux hommes pourquoi ils s’opposent à ce que les femmes aient leur part des prérogatives conquises par nos aïeux ; ils ne parviendraient pas à donner d’explications valables, sachant bien que les privilèges qu’ils s’arrogent sans les faire partager aux femmes, ne sont pas plus légitimes, que ceux dont la noblesse et le clergé jouissaient au détriment du peuple avant 1789.