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LE VOTE DES FEMMES

charge du soin de saisir de nouveau les pouvoirs publics.

« Les femmes, dit Mlle Auclert, ont les mêmes charges que les hommes, pourquoi n’ont-elles pas les mêmes droits ? Elles sont en outre, au moins aussi intelligentes qu’eux ? pourquoi dès lors leur refuser de prendre part à la confection des lois, où, entre parenthèse, elles sont abominablement sacrifiées, et à la discussion d’un budget qui absorbe leurs finances ?

« La nature de la femme dit M. Georges Berry, son caractère, son rôle dans la vie, sont autant de motifs qui doivent la faire exclure de la scène politique.

« Chez la femme l’élément sensuel domine l’élément intellectuel. Quels hommes d’affaires choisiront ces dames ?

« Si les femmes deviennent électeurs, elles deviendront du même coup éligibles et je crains qu’elles soient aussi mauvais députés qu’imparfaits électeurs.

« La femme n’a aucune aptitude pour les fonctions publiques. Ce qui prouve son incompétence en politique, c’est l’attraction qu’elle subit de la part de tout ce qui est faux.

« La véracité et la précision sont des traits caractéristiques masculins !

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quels gâchis ! quelles intrigues indignes de la représentation nationale ! quelles lois contradictoires ! quelle majorité versatile ! que de séances perdues, dans cette assemblée des deux sexes… »

Quand M. Georges Berry a été las d’insulter les femmes, il s’est excusé d’avoir été aussi grossier envers elles. « Si je leur ai dit tant de choses désagréables, s’est-il écrié, c’est leur faute, elles n’avaient qu’à ne pas réclamer leurs droits au conseil général. » Aujourd’hui le gouvernement