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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/175

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LE DROIT POUR LES FEMMES DE PÉTITIONNER

Et quoi, une mère élève son enfant, et cet enfant lui doit tout ce qu’il est ; elle fait tout cela, et vous dites qu’elle est incapable de nommer des députés.

Laissez-moi vous le dire, quand on crée des hommes, on a bien le moyen de faire des députés.

On a même le moyen d′en faire de très bons ; est-ce par hasard cela qui vous fait peur ?

La femme est un être essentiellement civilisé : prenez-la dans un tel milieu que vous voudrez ; si défectueuse que soit son éducation, si incomplète que soit son instruction, ce n’est jamais en vain que vous ferez appel en elle à tout ce qu’il y a de noble et d’élevé dans l′humaine nature,

Ah ! tenez, vous vous ôtez le plus clair de vos ressources et votre arme la plus solide, quand vous vous privez du concours de la femme dans vos luttes politiques.

ROBINSON


Le Rappel.

Je crois que c’est moi qui ai publié le premier la pétition de Mlle Hubertine Auclert demandant à l’Assemblée nationale « d’avoir le courage de faire une Constitution qui donnerait à tous les Français et Françaises avec les mêmes devoirs les mêmes droits civils et politiques. »

Mlle Hubertine Auclert a dit, entre autres, une chose à laquelle il ne nous paraît pas très facile de trouver une réponse : c’est que nous nous prétendons sous le régime du suffrage universel, et que c’est un drôle de suffrage universel, que celui qui commence par destituer la moitié du genre humain.

M. Gerville-Réache a cru répondre en disant qu’il ne croyait pas que la pétition de Mlle Hubertine Auclert répon-