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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/171

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LE DROIT POUR LES FEMMES DE PÉTITIONNER

noirs ; où il y a identité absolue d’intérêt, il ne saurait exister de différence dans le droit.


Pétition au Congrès de Versailles
(12 Août 1884)
À Messieurs les membres du Congrès


Messieurs,

Nous venons rappeler à votre mémoire l’existence des femmes, existence dont vous paraissez vouloir vous abstenir de tenir compte en revisant la Constitution.

Veuillez vous souvenir que les femmes sont la moitié de la nation.

Responsables, contribuables, membres de la société, les femmes sont au même titre que les hommes des ayants droit.

Pour que la France entière soit représentée aux Chambres, pour que le suffrage soit véritablement universel, il faut que les femmes soient électrices.

Vous voulez supprimer le suffrage restreint pour l’élection des sénateurs, supprimez, en même temps, le suffrage restreint pour l’élection des députés ; appelez les femmes à voter comme les hommes.

Nous vous prions, messieurs, d’introduire dans la nouvelle Constitution, un paragraphe qui autorise les femmes à exercer leurs droits de Françaises et de citoyennes.

Vous ne feriez pas une Constitution républicaine, si vous conserviez dans la loi, pour ces égaux devant les charges – les femmes et les hommes – l’inégalité devant les droits.