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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/152

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POURVOI DEVANT LE CONSEIL DE PRÉFECTURE


À l’appel de l’affaire Hubertine Auclert contre le préfet de la Seine, je me suis avancée vers le prétoire et avant que n’intervint mon avocat Antonin Lévrier, j’ai dit :

Messieurs, vous savez qu’il existe entre l’impôt et le vote une si grande corrélation que jusqu’en 1848 le cens a été la condition du vote. C’est un principe de notre droit français, que l’impôt doit être voté par celui qui le paie.

J’ai légalement revendiqué mon droit de vote, je suis dans les conditions requises pour l’exercer, cependant, quand j’ai demandé ma carte d’électeur on m’a répondu que je n’avais pas de droits, que je ne comptais pas parce que j’étais une femme !..

Comment se fait-il alors qu’on me réclame, à moi qui ne compte pas, des contributions ? C’est illogique, attendu que je ne puis à la fois être rien et quelqu’un. Je ne puis être inexistante quand il s’agit de voter et existante quand il s’agit de payer.