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LE VOTE DES FEMMES

droits d’électorat et d’éligibilité identiques à ceux appartenant aux hommes, constitue dès lors une innovation politique dont il n’est pas de notre compétence de déterminer ni le mérite, ni la valeur légale.

Considérant qu’il nous appartient encore moins par conséquent de prendre sur nous d’en admettre la mise en pratique.

Décidons qu’en l’état actuel de la législation, la demande de Mlle Hubertine Auclert est déclarée inadmissible.

Paris, le 1 février 1880.
DEVISME.

Les dames de la Société « Le Droit des Femmes » firent publier par toute la presse cette protestation :

« Nous soussignées, nées de parents français, remplissant tous les devoirs et les obligations qui incombent aux Français, nous nous sommes présentées munies de pièces justificatives établissant notre identité, majorité, temps de séjour, à la mairie de nos arrondissements respectifs, pour nous faire inscrire sur les registres électoraux. »

On nous a répondu que, parce que femmes, nous ne pouvions être inscrites.

........................................................

Nous en appelons à l’opinion, de l’injustice que consacre la République après les autres régimes en nous maintenant esclaves. »

Bien que notre demande eût été rejetée, nous persistâmes à réclamer notre inscription électorale.