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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/117

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LES FEMMES QUI AGISSENT ET QUI ÉCRIVENT

gation d’une foule de lois vexatrices qui mettent la femme hors la justice et hors le droit commun.

Quels sont ceux qui peuvent abroger les lois iniques qui oppriment les femmes dans la vie civile ? Ce sont les électeurs et les législateurs, c’est-à-dire ceux-là seuls qui font ou qui commandent de faire les lois. Voilà un point bien établi.

Maintenant, qu’est-ce que l’affranchissement politique de la femme ? C’est l’avènement de la femme au droit qui confère le pouvoir de faire les lois : par soi-même, si l’on est élu député : par délégation, si l’on est électeur.

Donc, il ressort de toute évidence que le droit politique est pour la femme la clef de voûte qui lui donnera tous les autres droits.

Pendant que la femme ne possédera pas cette arme – le vote – elle subira le régime du droit masculin. Tous ses efforts seront vains pour conquérir ses libertés civiles et économiques.

Ce qu’il faut aux femmes pour s’affranchir de la tyrannie masculine – faite loi, – c’est la possession de leur part de souveraineté ; c’est le titre de Citoyenne française, c’est le bulletin de vote.

La femme citoyenne : c’est-à-dire la femme investie des plus hauts droits sociaux, aura, par la liberté, sa dignité rehaussée ; par le sentiment de la responsabilité, son caractère augmenté.

La femme citoyenne se relèvera promptement de sa fâcheuse situation économique, l’État et la législation ne l’infériorisant plus, toutes les carrières, toutes les professions lui seront accessibles, et, quel que soit son travail, elle ne le verra plus déprécié sous ce prétexte ridicule qu’il émane d’une femme.