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LE VOTE DES FEMMES

core on n’a songé à mettre la femme dans une situation identique à celle de l’homme, de façon à ce qu’elle puisse se mesurer avec lui et prouver l’équivalence de ses facultés.

On dépense en France des sommes folles pour obtenir certaines qualités, souvent factices, chez des races d‘animaux, et jamais on n’a essayé d’expérimenter avec impartialité la valeur de la femme et de l’homme. Jamais on n’a essayé de prendre un nombre déterminé d’enfants des deux sexes, de les soumettre à la même méthode d’éducation, aux mêmes conditions d’existence.

« Qu’on permette aux femmes d’exercer les droits dont jouissent les hommes et qu’on enserre les hommes dans les préjugés à l’aide desquels on a garrotté les femmes ; bientôt les rapports entre la valeur des sexes seront totalement renversés. »

« Pour édifier la société future de manière à ce que les femmes n’y soient pas lésées, il leur faut le droit de travailler à l’édifier ; il leur faut l’outil qui se trouve au pouvoir de l’homme : le bulletin de vote. . . . . . . »

La société « Le Droit des Femmes » toujours agissante, fit des manifestes, des conférences, des pétitions, des manifestations. À la première fête nationale, sa bannière bleue voilée de crêpe provoqua des applaudissements et des critiques.

Alors que les féministes de ce temps-là interrogeaient le vent ; étaient paralysés par la crainte du ridicule, restaient chez eux ironiques et bras croisés ; nous dé-