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Page:Auclert - Le vote des femmes, 1908.pdf/103

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LES SUFFRAGISTES EN 1848

« qu’elle ne partageait point les idées des revendicatrices et ne connaissait pas les dames qui formaient des clubs et rédigeaient des journaux. »

Les femmes arrivées croient qu’elles n’appartiennent plus au sexe féminin.

Après George Sand refusant d’aider à l’affranchissement politique des Françaises, on a vu Clémence Boyer, la commentatrice de L’origine des Espèces de Darwin, ne point vouloir que les droits politiques soient conférés aux femmes et disant à M. Adolphe Brisson, rédacteur au journal Le Temps : « Du jour où les femmes voteront nous sommes perdus. »

Les dames obtenant difficilement la parole dans les clubs d’hommes créèrent des clubs féminins. Le plus renommé, fut le Club des Femmes, ouvert le 11 mai 1848 à la salle de spectacle du boulevard Bonne-Nouvelle. La foule rendit les séances tumultueuses. Les femmes ne purent bientôt plus parler dans ce club transformé en ménagerie ou les hommes aboyaient, miaulaient, beuglaient.

Eugénie Niboyet qui présidait, dit dans Le Vrai Livre des Femmes : « Une heure de pilori m’eût paru moins douloureuse que cinq minutes de cette violente lutte. Toutes les clubistes qui avaient promis de me seconder disparurent comme les feuilles sous le vent et laissèrent peser sur moi la responsabilité de notre tentative. »