Page:Asselin - 1917-04-10 - 06M CLG72B1D24 10-04-1917.djvu/4

Cette page a été validée par deux contributeurs.


canons anglais au nez des Allemands, sur le terrain le plus désavantageux possible. Dites-le bien aux camarades, en justice pour l’armée anglaise et aussi pour les encourager. Mais ce qu’on vante dans l’artillerie, c’est ⁁surtout, avec l’habileté des officiers, xxxxxxx l’excellence du matériel. Dans l’infanterie, c’est l’héroïsme ⁁des troupes. Je comprends maintenant mieux que jamais ⁁que, du côté des Alliés, les grands héros de cette guerre de héros, ce furent les combattants de la première heure – je veux dire de la première année, – et que parmi les plus grands il n’y en eut pas de plus grands que ceux qui tinrent la ligne d’Ypres sous les obus et la mitraille allemandes, dans la boue, sans tranchées ni abris.

Une effroyable tempête de neige, comme les pires de février au Canada, sévit depuis dix minutes, avec un vent à soulever les tentes. Je me demande ce que font nos gars dans les abris (!) que leur ont légués les Allemands.

Je ne sais si les Allemands auront le culot de présenter xxxxxxx l’affaire de Vimy comme un chapitre de leur « retraite stratégique ». Il faudra interviewer là-dessus les Boches dont nos parcs à prisonniers regorgent.

Je me demande si, au cours de ma brève relation – visiblement incomplète et qui vous arrivera probablement comme de la moutarde après le dîner ; ⁁ je n’ai pas de quelque façon enfreint les ordres de la Censure. xxxxxxx Si cela était, mettons que je n’ai rien dit.

Il me vient à la dernière minute que j’ai oublié de vous parler des tanks. Elles étaient là dans toute leur gloire, xxxxxxx six par brigade. Une seule a fait panne ; toutes les autres xxxxxxx ont marché au but avec l’agilité – très grande, vous le savez – des rhinocéros hippopotames, xxxxxxx chacune laissant derrière elle, dans la boue et les xxxxxxx vestiges des barbelés, un beau trottoir