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Page:Arnaud - De la frequente communion, 1643.djvu/394

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d’examiner le dehors, avant que d’avoir examiné le dedans ; et que toute la religion chrestienne, ayant son fondement dans le cœur, c’est par le cœur, et par les dispositions que l’esprit de Dieu y forme, qu’il faut regler la participation du plus auguste de ses mysteres. Et en second lieu, je vous responds, que s’il se trouvoit des ames dans la sainteté necessaire pour communier tous les jours, et à qui le Saint Esprit donnast ce desir, il arriveroit rarement que leurs occupations les en empeschassent, pourveu qu’elles ne fussent pas entierement soûmises à la volonté d’autruy ; parce que si Dieu les vouloit dans ces occupations, et qu’ils s’y conduisissent par son esprit, comme la foy nous y oblige, elles leur tiendroient lieu de prieres et de preparation pour approcher de l’eucharistie ; et quant au temps, que cette action demande, il faut estre bien occupé pour ne le pouvoir pas trouver, lors qu’on le cherche avec ardeur, et avec prudence pour le consacrer à la gloire de Nostre Seigneur Jesus-Christ. Ne voyons-nous pas des ecclesiastiques dire tous les jours la messe, bien qu’ils soient dans les mesmes fonctions, que vous jugez incompatibles avec la communion de tous les jours ? Et les premiers chrestiens, qui communioient si souvent, laissoient-ils pour cela d’estre engagez dans les occupations de leur mesnage, dans le soin de leur famille, dans