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Page:Arnaud - De la frequente communion, 1643.djvu/305

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l’eglise, la fausseté de cette estrange maxime, dont vous composez l’une de vos regles : et je me contenteray icy de justifier S Jean Chrysostome, et de monstrer, que ces deux points generaux, dont vous le voulez faire auteur, sont contraires à ses sentimens, comme les tenebres le sont à la lumiere.

Ce grand saint est si esloigné de condamner une personne, laquelle se sentant coupable d’avoir foulé tant de fois aux pieds le sang du fils de Dieu par des offenses mortelles, prononce contre elle-mesme l’arrest de sa condamnation, en se jugeant indigne de participer à ses mysteres, et s’en retire pour un temps dans la reconnoissance de cette indignité, afin de se purifier auparavant par l’exercice de cette penitence : il est dis-je si esloigné de trouver cet esloignement mauvais, et ce delay inutile, qui sont les deux points que vous luy attribuez : que suivant la doctrine generalle des autres peres, il juge, que les veritables penitens doivent pratiquer cette humilité, pour r’entrer peu à peu dans la sainteté qu’ils ont perduë, et se nourrir long-temps de la parole de Dieu, avant que se nourrir de son corps.

Pour preuve de ce que je dis, vous n’avez qu’à lire l’homelie de l’enfant prodigue, qu’il propose comme le plus rare exemple de la misericorde de Dieu, et la plus excellente figure